Durant la dernière décennie, les entreprises ont été louées pour leurs idées. Les experts ont célébrés le pouvoir des brainstorming et des techniques de génération d’idées. Des ampoules Eureka ont peuplé les couvertures de nombreux livres. Des hommes d’affaires ont été invités à améliorer leurs attitudes créatives. 2009 a même été nommée l’année de la créativité et de l’innovation par l’Union européenne.
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L’une des conséquences d’une décennie axée sur la génération d’idées est que les idées sont maintenant plus facilement accessibles. Cette accessibilité fait aussi de la génération d’idées, un agent traditionnellement différentiateur, un facteur moins important qu’il ne l’a été par le passé. Lorsque plus de 30% de la population appartient à la classe créative, ainsi que l’a suggéré Richard Florida dans son ouvrage de 2003 The Rise of the Creative Class (l’élévation de la classe créative), les idées ne sont plus rares. Et avec la diffusion des processus « d’innovation ouverte », de la compétition entre les idées et ainsi de suite les cadres sont de plus en plus exposés à une véritable profusion d’idées.
Ce qui est en nombre insuffisant, je le crains, ce sont les penseurs, les visionnaires qui seront capable de donner un sens à cette abondance de stimuli – les visionnaires qui bâtiront les arènes qui libéreront la puissance des idées et les transformer en actions.
La prochaine décennie pourra-t-elle être la décennie de la construction de cette vision ? Si c’est le cas, nous assisterons à un tournant significatif dans la façon dont nous pensons l’innovation, la créativité et le leadership. De célèbres études sur la créativité ont suggéré que la génération rapide de nombreuses idées (le nombre étant le meilleur facteur) ne valait pas un leadership visionnaire qui nécessiterait une exploration incessante d’une direction en particulier (la profondeur et la robustesse d’une idée étant cette fois le facteur concluant).
Les valeurs de la création d’idées appartiennent désormais à une perspective néophyte, l’élaboration d’une vision repose, elle, sur une recherche et une compréhension profonde. Pour générer des idées nouvelles, on nous a dit de penser « outside of the box » (concept cher à la pensée américaine qui veut dire en substance « en dehors de la boîte », autrement dit penser en dehors de la boite à idées habituelle), puis revenir en arrière.
L’élaboration d’une Vision détruit la boîte et en construit une nouvelle. Ce processus d’élaboration ne joue pas avec les paradigmes existants, il les change. Les études sur la génération d’idées se sont attardées sur la variété et la divergence, mais construire une vision est basée sur la convergence, celle là-même qui emporte les autres à bord. Les idées sont culturellement neutre aussi longtemps qu’ils aident à résoudre des problèmes; les Visions sont intrinsèquement idéologique et partiale et démontrent une aspiration claire de la façon dont le monde devrait être: ils reflètent fortement la culture personnelle du penseur. (Je pense personnellement que la faculté à voir le monde tel qu’il devrait être et non pas tel qu’il est, est une aptitude primordiale à développer)
Je ne remets certainement pas en question la valeur essentielle des idées. Ils continueront encore à enflammer le processus d’innovation. Balancer un grand nombre d’idées sera toujours aussi important, surtout dans le cadre d’améliorations progressives. Ce ne sera pas l’un ou l’autre. Il va s’agir d’un changement dans l’actif le plus rare et le plus précieux qui soit et qui va certainement conduire a un avantage concurrentiel: les Visions. Il est temps pour les maîtres à penser de dépasser le stade du post-it et d’adopter une forme plus avancée de créativité. Une forme radicale de pensée-action qui ressemblerait un peu à celle des chercheurs et des entrepreneurs dans leur lutte pour mettre en œuvre leur vision.
Qu’en pensez-vous? Est-il temps d’appeler à une nouvelle forme de créativité? Si la dernière décennie a été la décennie de la génération d’idées, la prochaine sera-t-elle la décennie de la construction d’une vision?
Article écrit a l’origine par Roberto Verganti. Il est l’auteur de Design-Driven Innovation. Changing the Rules of Competition by Radically Innovating what Things Mean (Innovation conduite par le design, changer les règles de la concurrence par innover radicalement dans comment définir les choses). Il a travaillé comme consultant exécutif, coach et formateur pour des sociétés tel que Ferrari, Ducati, Whirlpool, Xerox, Samsung, Hewlett-Packard, Barilla, Nestlè, STMicroelectronics, et Intuit.
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Source Originale : Harvard Business Review
photo credit: Susan McGrane-Burke
Première parution en Mars 2010









Quelle belle réflexion ! Je pense effectivement que la vision est ce qui va apporter du sens à cette profusion d’idées. C’est toute la question de la qualité et de la quantité. Avoir plein d’idées, c’est super parce que dans le tas, on peut penser qu’il y en aura une ou deux bonnes. Mais ce qui va permettre de détecter ces unes ou deux bonnes idées, ce sera la vision. C’est ce qui pourra permettre de faire l’économie de la méthode par tâtonnement et « essais-erreurs »…
Esprit de Succès a recemment ecrit..Et si on faisait 30 jours de Thanksgiving …
Merci Sophie pour ton commentaire. Effectivement, avoir la démocratisation de l’accès aux idées (essentiellement grâce à Internet) il va devenir crucial pour sortir du lot de montrer d’autres qualités.
Les leaders de demain se devront d’appliquer de nouvelles recettes si ils voudront réussir à s’imposer là où auparavant il était bien plus facile de s’imposer.
Bonjour, je me demande si j’ai bien compris l’article car je ne savais pas que les idées pouvaient être dissociées d’une vision plus large.
Il me semblait que les idées ne pouvaient prendre corps que dans une vision d’ensemble. Dans mon domaine (je suis entrepreneuse) si je ne replace pas mes idées dans un contexte, un but etc, elles ne me servent pas à grand chose.
Sinon, j’adore votre blog, merci du partage!!!
Salut Aline, merci du compliment :)
La vision c’est une collection d’idées mais pas seulement. Avoir des idées, tout le monde peut le faire (tout le monde ne le fait pas… mais tout le monde pourrait le faire)
Avoir une vision, c’est savoir engendrer des idées qui vont dans le même sens, qui construisent chaque jour le futur de ton entreprise.
Oui les idées peuvent être dissociés de la vision. A vrai dire peu de personnes savent mettre en place les « stepping stones » (les cailloux sur le chemin) qui produisent au final cette vision. Cette même vision qui engendre des cultures d’entreprise vraiment différente.
Est-ce plus clair ? Si non n’hésite pas, je trouverai d’autres mots s’il le faut lol
Sans indiscrétion (mais avec un peu quand même) que fais-tu dans la vie ? Tu es entrepreneuse dans quoi ?
Merci Aline
Ha oui je crois que c’est plus clair, la vision serait donc dans le prolongement des idées? Mais peut-être que ceux qui n’ont pas de vision sont ceux qui ne font pas l’effort d’une planification prospective de leurs idées?
D’où vient cette expression « stepping stones »?
Je travaille dans l’agritourisme (activités d’accueil à la ferme en dehors des fonctions agricoles proprement dites).
Merci d’avoir répondu rapidement.
Merci à toi Aline d’avoir pris le temps de revenir.
Stepping Stones ? Je ne sais pas d’où ça vient, je m’en sers voilà tout. Une rapide recherche sur Google montre que ça vient des Alcooliques Anonymes, ils s’en servent souvent.
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