Aimez-vous le son de votre propre voix ? Faites-vous partie de ceux qui posent des questions sans attendre les réponses ? Oui, Non ? Juste un chouia…si vous vous êtes déjà assis sur les bancs d’une fac alors vous savez parfaitement de quoi je parle. Un prof de fac qui fait un cour magistral est un spécialiste de la dissertation, il ne consulte que TRÈS rarement pour en vérité ne pas vraiment écouter ce qui a été dit.
Vous n’apprenez rien quand vous parlez
En fait je devrais dire oui vous apprenez, vous apprenez à parfaire votre élocution mais est-ce que cela vous aidera à connecter avec la personne en face ? Cela vous aidera-t-il a comprendre les besoins d’un client potentiel ? Écouter et montrer qu’on écoute attentivement reste le plus sur moyen de montrer l’intérêt que vous portez a la personne ou au groupe de personnes en face de vous.
Parler beaucoup ne veut pas dire avoir beaucoup à dire
Primordiale et pourtant tellement peu appliquée. Les gens qui ont beaucoup a dire sont en général des gens qui connaissent la valeur du mot « concision ». Ce sont des gens qui ne comprennent que trop bien que parler a tort et a travers ne fait qu’une chose, noyez le message essentiel au point de le rendre invisible. Exemple : les publicités des produits de luxe, toujours fluides, toujours simples, elles vendent le superflu sans jamais faire dans l’inutile.
Les gens qui parlent trop n’inspirent pas confiance
Parler trop est une gâchette émotionnelle qui fait référence au cliche du « commercial arnaqueur ». Personne n’y peut rien, la vérité c’est que nous baignons tous dans un certain lot d’idées que nous partageons bien malgré nous. En fait, il existe beaucoup de cliche et pour la plupart d’entre eux ils agissent sur notre inconscient, c’est à dire qu’ils activent des réseaux d’émotions dont nous ne sommes même pas conscients. « le commercial arnaqueur » en fait partie. Enfin parler dénote est un signe de manque de confiance en soi ou de manque de confiance dans le produit vendu…il faut combler les vides pour que l’interlocuteur ne s’aperçoive pas de la supercherie, voila ce qu’on se dit quand on a à faire a un trop grand blablateur.
Parler VS Écouter
Une idée fausse parmi tant d’autres et que tout le monde sait écouter. Il n’y a rien de plus faux ! En fait j’irais même jusqu’à dire que peu de personnes savent réellement écouter. Je ne parle pas de concept marketing du style, écoute active etc. Je parle de la sensation que vous êtes en présence d’une personne qui est a 100% avec vous, ici et maintenant. Cette personne ne veut rien vous vendre et ne veut rien de vous (certains vendeurs savent produire cet effet…). Elle ne demande rien et n’offre rien, on apprécie juste le fait de se sentir plus léger après avoir été entendu…et surtout écouter.
Comment ces personnes produisent cet effet ?
Elles ne bavardent pas, elles conversent
Pour arriver a cela, vous devez apprendre a passer outre les lieux communs et rentrer en finesse dans le monde intime de la personne en face de vous. Observer son regard, entendez son message principale, mimer ses gestes, adopter son vocabulaire.
Elles n’informent pas, elles communiquent
Encore un lieu commun d’erreurs. Il n’y aurait aucun mal a informer tant que vous appelez un chat un chat. Communiquer suppose d’échanger, de donner et de recevoir. Les bons communicateurs savent créer ce mouvement inconscient, ils instaurent une conversation saine, ou l’idée d’échange devient prégnante. En fait un bon communicateur s’imprègne de son interlocuteur, il sait qu’a la fin de la conversation il en sortira plus riche. Il ne le croit pas, il le sait. Toute son talent va s’appliquer a tenter de donner autant qu’il va prendre.
Elles ne gueulent pas, elles parlent franchement
La limite est gigantesque et pourtant beaucoup ne la voit pas. En fait notre société nous encourage a ne pas la voir. Notre société de la grande gueule nous pousse a croire que gueulez, être ouvertement revendicatif…j’adore et dans ce cas-la dites-moi, ce que c’est que d’être « fermement revendicatif ». Bref de part et d’autre on nous encourage a penser qu’une bouche qui beugle est écoutée parce qu’elle laisse penser que la personne a un message important a délivrer. Rien n’est plus éloignée de la vérité, pour vous en convaincre il suffit de checker votre attitude face aux « gueulards »…des prêcheurs dans le désert voila a quoi peut se résumer leur situation. Je préfère 100 fois parler franchement et sans détour a la personne en face de moi. Faites attention de ne pas y mêler aucune agressivité en faisant attention au vocabulaire que vous utilisez. Faites aussi attention a ne pas confondre « parlez-franc » et « jugement » la limite entre les deux est vraiment fine sauf que le premier instaure un climat de confiance et le second vous fait passer pour un distributeur d’absolution.
Elles ne dissertent pas, elles consultent
Si vous vous êtes déjà assis sur les bancs d’une fac alors vous savez parfaitement de quoi je parle. Un prof de fac qui fait un cour magistral est un spécialiste de la dissertation, il ne consulte que TRÈS rarement pour en vérité ne pas vraiment écouter ce qui a été dit. Si vous avez connu cette scène alors vous connaissez la sensation que l’on éprouve lorsqu’on est cantonné a se la boucler pendant 3 heures. Pour éviter la dissertation, faites attention a respecter votre tour de parole et celui de la personne en face. Si vous souhaitez cerner votre interlocuteur alors vous devez définitivement parler moins que lui.
Si la parole est d’argent le silence est d’or
Apprenez à gérer les silences. Nous les occidentaux avons réellement un problème avec ce principe. Nous croyons que si silence il y a, alors rien ne passe, si ce n’est de la gêne. C’est complètement faux, les silences ne doivent pas nous effrayer au point de ne pas savoir quoi en faire quand ils se présentent (parce qu’ils se présentent dans toutes les conversations et pour tout le monde, y compris les excellents communicateurs). Un silence est un moment ou l’on peut rassembler ses esprits, méditer ce qui a été dit et pouvoir enchaîner sur une suite intelligente a donner a la conversation. N’ayez pas peur non plus du mot « méditer », oui on peut méditer les mots de notre interlocuteur et non cela ne prendra pas plus de 5 secondes… a condition de ne pas paniquer et tomber dans le « qu’est-ce que je vais dire…qu’est ce que je dois dire… »
Que puis-je semer aujourd’hui ?
Tout d’abord rendez-vous compte de la categorie a laquelle vous appartenez. Si vous preferez parler, il n’y a pas besoin de vous en sentir coupable, c’est pour ce cas precis que j’ai fini le titre de mon article par les mots [quand il le faut]. Parler n’est pas un tort bien au contraire tant qu’on respecte une chose essentielle :
Le tour de parole des personnes présentes (assurez-vous que tout ceux engages dans votre conversation aient la chance de s’exprimer…assurez-vous surtout de leur faire comprendre qu’ils ont etes entendus). Comment ?
- En reformulant leur propos (ce qui d’une part dit « je vous écoute » et d’autre part dit « si j’ai mal compris votre message, aidez-moi a mieux l’intégrer »
- En mimant le champ lexical de la personne en face (si vous écoutez vraiment vos interlocuteurs, vous vous apercevrez vite que la plupart d’entre nous, utilisons un vocabulaire qui appartient a un champ lexical. Pour ma part je dis souvent : « écoute » la ou d’autres diront souvent : « regarde ». Ne vous fiez pas aa un seul mot tentez de rester a l’affut des différents indices que votre interlocuteur vous prodigue.
- En mimant les gestes et postures de votre interlocuteur. On n’écoute pas qu’avec ses oreilles et ce dernier élément est très important car il fait partie de l’inconscient. En mimant les gestes et les postures, vous vous assurez de dire a l’inconscient de la personne en face « je vous écoute ». L’impression inconsciente que la personne recevra ne sera ni plus ni moins que le souvenir qu’elle gardera de vous.
Crédit: Century Boy Too
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Chouette article et chouette titre …
Je fais partie depuis quelques années des personnes qui écoutent plutôt qu’elles ne parlent. Et malheureusement, le Dr Grégoire a raison : « Ecouter est une politesse qu’un homme d’esprit fait souvent a un sot; mais que celui-ci ne lui rend jamais. »
Et Ambrose BIERCE de donner une bonne définition du mot conversation :
« conversation : foire où l’on expose des denrées mentales de second ordre, chaque exposant étant trop préoccupé par l’étalage de ses propres marchandises pour regarder celles de son voisin »
Cette définition est tellement vrai, qu’elle est à vous en couper le sifflet pour la vie !
Je crois pour ma part que je réserverais le terme de conversation a une bonne interaction. Comme je l’ai ecrit dans mon article j’aime a faire des differences entre les termes. Et certaine personnes ne conversent pas elles bavardent, ce qui n’est pas mauvais en soi d’ailleurs.
Le probleme vient souvent du décalage qu’il peut y avoir entre une personne qui croient qu’elles conversent alors que l’autre personne croit qu’elle est engagee dans une discussion plutôt du type bavardage. Maintenant il y a aussi le decalage interne a la personne qui peut se produire parfois. Certaines personnes croient qu’elles conversent alors que leurs paroles sont plutot a ranger dans le « bavardage ».
Je ne me permettrai pas de juger mais il me semble que si les deux parties ne trouvent pas un terrain ou ils peuvent d’une maniere ou d’une autre s’ouvrir a l’autre et laissez tomber les protections et autres facades alors on est dans une conversation du type « bavardage ». Rien de mal la-dedans tant qu’aucune des parties ne se meprend. Le probleme c’est que tres souvent les parties se meprennent.
Merci Mona Lisa pour ton commentaire tres interessant et qui m’a permis de preciser un point de ma pensee :-)
Mohamed Semeunacte
Il faut se garder de trois fautes : parler sans y être invité, ce qui est impertinence ; ne pas parler quand on y est invité, ce qui est de la dissimulation ; parler sans observer les réactions de l’autre, ce qui est de l’aveuglement.[Confucius]
voilà ce que j’en pense .
Très bel article Mohamed :-)
Pour connaitre quelques Chinois, je reconnais bien là la mentalite chinoise / confucianniste (pour faire court).
Ne pas parler si tu n’as rien à dire ! Voila comment je resumerai la chose lol
Merci pour ton proverbe effectivement je pense qu’il complete bien mes pensées sur le sujet.
Merci pour le compliment Hind, ca me touche :-)
Mohamed Semeunacte
« Celui qui parle ne sait pas. Celui qui sait ne parle pas » Lao Tseu.
Tu fais bien de mettre en lumière ce comportement. L’attitude « normale » en société c’est d’attendre simplement son tour pour parler quand on est en grande discussion avec quelqu’un.
Et surtout, MONTRER. Montrer qu’on sait des choses, paraître et donner l’impression à son interlocuteur qu’on est intelligent.
Moi j’ai de plus en plus de mal à supporter les paroles superflues. J’ai redécouvert les vertus et les bénéfices du silence. Et c’est vraiment génial :)
Julien Arcin a recemment ecrit..Comment booster votre confiance en vous pour réussir vos projets