Lors d’une discussion dernièrement avec l’ami d’un ami en vacance, nous sommes arrivés au sujet de la politique. Cet homme a été pendant des années le représentant d’un parti national d’envergure. Il a arrêté. Lorsque je lui ai demandé pourquoi, voici la réponse qu’il m’a donnée : « les gens ne sont pas prêts à changer leurs habitudes, même s’ils reconnaissent qu’elles sont mauvaises ».
En l’occurrence, cet homme me parlait des habitudes de vote. Selon lui, la majorité des votants ne sont pas prêts à changer leurs habitudes de vote parce que cela induirait automatiquement un effort de leur part. En effet, voter pour le parti auquel on a toujours prêté sa voix, c’est facile. En revanche, voter pour un autre parti demande un effort plus ou moins conséquent pour comprendre où sont les différences. (Certaines mauvaises langues diront qu’en France, il est bien plus difficile qu’ailleurs de voir ces différences).
Je ne saurais dire si cet homme a raison en matière de vote (je suspecte que oui). Ce que je sais, c’est qu’il a raison en matière de productivité et d’efficacité. Certaines de nos habitudes sont tellement ancrées en nous, qu’aujourd’hui nous faisons exprès de ne pas voir qu’elles nous nuisent plus qu’autre chose.
Êtes-vous « busy » ?
Par « busy », je veux dire occupé(e), et par occupé, j’entends faussement occupé. C’est l’un des manèges que l’on peut observer aisément lorsqu’on est en entreprise. Enfin, pour la plupart, nous l’observons lors de nos premières semaines, si ce n’est nos premiers jours. Ensuite, dans notre tentative de ressembler à tout le monde, nous nous mettons aussi à être busy.
Ce n’est pas trop un problème tant qu’on sait s’arrêter de faire semblant et de commencer à travailler sérieusement. Le problème survient quand on commence à croire à notre mascarade. On commence à faire 100 choses en même temps pour tenter d’impressionner (ou de faire croire) notre hiérarchie. C’est encore plus navrant quand le chef au dessus participe au même cirque.
Finalement, la personne busy finit par croire à son propre show. Elle finit par se croire sincèrement débordée et met en place toute une série de blocages plus ou moins conscients pour ralentir son boulot (et donc celui des autres). Ce qui devrait être fait en 5 minutes finit par prendre une semaine (histoire vécue).
Vous ne voulez offenser personne, vous ne prenez pas de décision
Je connais bien celui-ci, car j’en ai fait les frais moi-même durant des années. On croit bien faire en laissant faire autrui ou en remettant les choses à demain ou encore (dans mon cas) en remettant les choses à une force supérieure. Les moines Zen pensent que c’est la volonté de poser une action qui vous fait sortir du « chemin ».
J’y ai cru pendant des années. Non ! Disons plutôt que je pense aujourd’hui que ce mode de pensée peut parfaitement fonctionner… mais pas dans une entreprise occidentale. Nous avons des millénaires d’histoires inscrites même dans nos gènes qui font que nous ne pouvons appliquer ce genre de concept dans nos vies de tous les jours sans en payer les conséquences.
Pour ma part, c’est une phrase toute simple qui m’a fait changer de point de vue : ne pas prendre de décisions, c’est quand même prendre une décision ! Laquelle est-ce ? Principalement de laisser autrui diriger votre vie, avec votre consentement tacite. C’est l’habitude de laisser les évènements se dérouler sans vous. C’est ne rien faire en prétendant que la question ne vous intéresse pas. C’est jouer contre vous. C’est tout faire pour éviter d’améliorer votre productivité. C’est être contre-productif.
Vous vous remettez (trop) en question
C’est un grand piège ! C’est pire encore pour les personnes qui veulent sincèrement évoluer en tant qu’être humain. La posture est la suivante : si j’observe toutes mes actions et les décortiquent pour comprendre là où j’ai pu merder, je finirai par ne plus refaire les mêmes erreurs.
Il y a deux problèmes à cela : premièrement, notre société ne célèbre pas les « thinkers », c’est-à-dire les personnes qui pensent… trop. Non ! Disons plutôt qu’elle passe son temps à nous faire croire qu’elle les célèbre (il n’y a qu’à regarder les citations d’Einstein affichées sur les murs de tous vos « amis » facebook). Deuxièmement, notre société occidentale est basée sur l’action. Elle envie la concentration et la zen-attitude et donc à finit par mettre le zen à la mode, mais elle est très loin de le laisser prendre racine.
Là encore, c’est une phrase simple qui m’a fait penser les choses différemment : se remettre en question et se remettre en doute sont deux choses différentes. Et c’est totalement vrai ! Les personnes qui se remettent invariablement en doute n’avancent pas. Elles finissent toujours par tellement penser qu’elles ne font plus rien.
Qu’en pensez-vous ? Est-ce que vous voyez d’autres habitudes contre-productives ?









SAlut Mohamed,
J’ai travaillé chez Leroy Merlin pendant 4 ans et je connais bien les deux premiers trucs contre-productifs !
Quand je partais à 17 h 30 du boulot, on me souhaitait une bonne après midi ;-) peu importe l’heure à laquelle j’avais commencé ma journée ou si j’avais sauté la pause déjeuner. Il faut être busy, c’est la règle !
Du coup, je suis parti et maintenant, je suis juste efficace ! Cela fait du bien de ne plus obéir à ce dictât des apparences.
Merci pour l’article !
Julien
Julien de réussir son investissement dans les parkings a recemment ecrit..Investir dans les garages : ce que tu dois savoir !
Content de voir que tu apprécies les prémisses de mon mois sur l’efficacité. Comme quoi cela valait peut-être le coup d’attendre lol
Merci Julien
Salut Mohamed.
Bel article que je résumerais ainsi : si on se sent busy, c’est qu’on est mal organisé ou en manque de reconnaissance; il est nocif à long terme de laisser les autres décider à notre place; trop penser nuit à l’action !
EFFICACE, j’adore ce mot ! Pour moi cela veut dire régler promptement un problème qui semblait insurmontable à peine apparu ou accomplir une tache vite fait, bien fait. Une autre définition serait de réaliser une tache correctement (sans sur-qualité) dans un temps raisonnable (bref mais pas plus que nécessaire). Tout cela rejoint la productivité.
Les problèmes que tu évoques existent et j’en arrive à la conclusion que ce qui empeche aussi d’etre productif dans le domaine personnel et/ou professionnel), c’est :
1) la peur de ne pas avoir suffisamment pensé à toutes les implications liés à la tache à accomplir (peur de mal faire et donc du jugement d’autrui),
2) le manque de motivation/implication (quand quelqu’un est motivé ou concerné, il agit rapidement en général)ou de bénéfice en retour du travail effectué (l’exécutant ne voit pas l’intéret pour lui),
3) l’incompétence passagère qui fait que parfois on n’a pas la solution à un problème ou les ressources nécessaires et donc qu’on se trouve dans l’incapacité de passer à l’action.
En bref, PENSER c’est préparer, FAIRE c’est agir et il faut le juste mix des 2 pour etre productif.
Je me suis un peu laissé aller mais c’est parce que le sujet m’intéresse :-)))
Bonne Vie à Toi et tes proches !
Eh ben quand tu te laisses aller c’est excellent ALain, tu mets ça en 500 mots (ou plus si le coeur t’en dit) et je serai vraiment ravi de le publier comme article :-)
Quelques bons rappels, ça ne fait jamais de mal !
Le troisième est très juste, particulièrement important mais plutôt difficile à appliquer. J’estime qu’il faut savoir se remettre en cause ou en question de temps en temps, ne serait-ce que pour trouver ses erreurs puis les corriger et apprendre.
Mais à trop se remettre en question, on avance plus.
De l’analyse et de l’introspection, oui. Mais en fines couches entrecoupées de grosses tranches d’action. Comme dans un bon sandwich :-)
Grégory a recemment ecrit..Les fondamentaux de la productivité personnelle
J’ai la dalle avec tout ça moi :-)
J’ai lu dernièrement cette phrase : « la clef de la réussite c’est de réduire le temps entre l’idée et sa concrétisation ». Tout est dit :-)
Merci Grégory
Salut Mohamed !
Oh oui, le premier point est un vrai calvaire, vouloir faire plusieurs choses à la fois nous fait progresser plus lentement que si on se concentre sur une chose à fond puis sur une autre. En plus de ça, elle a la perverse conséquence de rendre l’abandon plus facile étant donné que ça avance moins vite, voire presque pas.
C’est dur de se détacher de ça quand on y est tant habitué, ça implique le fait de se dire qu’on se sur-estime, au XXIè siècle ça fait mal de soi-même taper son ego !
Deux citations qui m’ont fait perdre l’habitude 2 (bah tiens, des citations !) c’est celle de Steve Jobs qui disait de ne pas vivre la vie de quelqu’un d’autre. L’autre disait « ce que vous pensez de vous, c’est votre préoccupation ; ce que pensent les autres de vous, c’est leur problème ».
Quand on y réfléchit, vouloir plaire aux gens c’est modifier son comportement et ne plus être soi-même.. quel intérêt de faire apprécier une image de nous qui n’est pas nous ?
La remise en question est quant à elle très utile, même s’il est certain qu’il ne faut pas en abuser autant qu’il ne faut pas faire impasse dessus. Concrètement c’est juste envisager les différentes manières d’agir tout en analysant la situation, plutôt que de foncer tête bêche.
Mais comme d’hab, trop de REQ tue la REQ.
Bonne soirée :)
Alexis, de retour
Alexis a recemment ecrit..L’absence de sens des priorités, ou pourquoi le monde n’ira pas mieux.