J’ai le grand plaisir d’accueillir quelqu’un qui m’a très bien accueilli dans sa communauté. Il s’agit de l’auteur Jacques Vandroux (et de sa gentille femme). Jacques est (il me semble) le premier auteur que j’ai contacté pour l’écriture de Comment Vendre Son Livre Sans Faire Le Tapin. C’était sur les bons conseils de mon ami Jean-Philippe Touzeau qui m’avait recommandé la partie autopublication du blog de Jacques. A mon tour, je vous dis que si le Kindle ou l’édition numérique vous intéresse, vous devez aller lire les nombreux articles. C’est de l’or et il vous suffit de cliquer ici.

Bonjour Jaques, pouvez-vous nous parler un peu de vous ? Comment en êtes-vous venu à l’écriture ?

Bonjour Mohamed, et tout d’abord, merci de votre invitation à sévir sur votre blog !

Pourquoi écrire ? La raison est très simple. J’ai toujours aimé raconter des histoires : histoires à faire frissonner quand, adolescents, nous nous baladions en bande dans les landes bretonnes ; histoires de vaillants héros, belles princesses et terribles dragons plus tard à mes enfants, histoires fantastiques et thrillers aujourd’hui.

C’est en 2006, dans un bus, au cours d’un de mes nombreux déplacements professionnels que j’ai commencé à écrire un premier chapitre de « Les Pierres Couchées », comme ça, pour passer le temps, sans aucune idée de la suite. Après avoir soumis ces quelques pages à la critique familiale, j’ai été sommé de continuer. Ce fut donc pour moi le début d’une longue aventure.

Trois ans plus tard, je mettais un point final à un roman qui était devenu un gros pavé.

Plus tard, j’en ai écrit un deuxième, plus court « Multiplication », puis en 2012, ma dernière œuvre, « Au Coeur du Solstice », tout en écrivant en parallèle quelques textes courts.

Comment en êtes-vous venu à vous intéresser à la plateforme d’autopublication Kindle ? Pensez-vous qu’il faille être présent sur d’autres plateformes ?

Après avoir écrit mes deux premiers romans, j’ai eu bien sûr le désir d’être édité. La lecture sur la toile des témoignages de nombreux auteurs, désabusés par les refus successifs de nombreuses maisons d’éditions ou par l’indélicatesse de certaines autres, m’ont dissuadé de tenter ma chance. Faire lire mes œuvres à mes proches était suffisant pour mon ego, et je n’avais pas de temps (sans même parler d’argent) à perdre dans de vaines tentatives.

Et puis, un grain de sable est venu modifier le cours des choses…

Une amie adorable et d’un enthousiasme débordant, qui avait particulièrement apprécié « Multiplication », a vu au cours d’une émission télévisée le témoignage de David Forrest. Il expliquait ses récents succès dans la vente de ses livres numériques !

Pour tout avouer, les livres numériques, ça ne me disait pas grand-chose, et je ne voyais pas beaucoup d’avenir à ces liseuses que j’avais aperçues un jour dans une librairie ! Eh bien j’avais tort !

Cette amie nous a convaincus de tenter l’aventure de l’auto-édition ! Elle était persuadée que mes romans seraient lus. Comment résister à un tel enthousiasme ?

Le 25 février 2012, Jacques Vandroux est donc né ! Derrière ce nom se cachent en réalité deux personnes : je suis celui qui écrit, et mon épouse prend en charge… pratiquement toutes les autres activités : les relectures interminables, les aspects techniques, administratifs, financiers et le marketing. Un véritable agent littéraire ! Mon emploi du temps ne me permet pas de cumuler toutes ces tâches, et je n’aurais pas eu sa compétence et sa ténacité !

Et c’est donc ainsi que nous avons fait nos premiers pas sur la plateforme KDP.

La publication sur d’autres plateformes est venue plus tard. Bien sûr, il nous semblait important d’être présent aussi sur d’autres plateformes telles que l’ibookstore ou Kobo, et bien sûr… la Fnac ! Quel plaisir et quelle fierté de voir son œuvre apparaître dans les rayonnages virtuels de cette fameuse enseigne !

Toutefois, comme nous étions de parfaits débutants, il nous avait fallu tout apprendre sur l’édition, et cela nous a pris vraiment beaucoup de temps. Pour publier sur d’autres plateformes, nous avons donc préféré déléguer à structure existante, c’est donc Syllabaire Editions qui s’est chargé de ce travail.

Avec le retour d’expérience, il se trouve que le nombre de nos livres vendus sur ces plateformes est vraiment minime par rapport à ce que nous avons vendu sur Amazon. Je connais d’autres auteurs par contre, pour qui ce n’est pas vrai.

Ce sera donc à chacun de faire la part des choses entre le surcroît de travail occasionné, le plaisir d’être présent ailleurs que sur KDP, et le nombre de ventes qui en résultera.

Quels sont vos livres qui ont connu le plus de succès sur Kindle ? Quel a été leur parcours depuis leurs sorties ?

Le premier livre paru sur KDP a été « Multiplication », après un lancement artisanal, il a atteint le top 100 de meilleures ventes au bout de trois semaines. Il est monté jusqu’à la quatorzième place, et s’est maintenu ensuite dans le top 100, avec des hauts et des bas, pendant un peu plus de 140 jours. Ce roman a été bien aidé par son grand frère « Les Pierres Couchées » paru quelques semaines plus tard, et qui a lui aussi bénéficié de notre lancement artisanal désormais breveté. Au bout de moins d’un mois, il était dans le top 5 des meilleures ventes, dans lequel il est resté plus de 3 mois, avec un séjour prolongé à la première place si enviée. Et puis, forcément, au bout d’un certain temps, les lecteurs ont envie de nouveauté, donc il est redescendu tout doucement dans le classement. Il y fait encore quelques incursions de temps en temps, et nous totalisons fièrement le jour où j’écris ces lignes, 257 jours dans le top 100. Et un total d’un peu plus de 8000 livres vendus…

A quoi attribuez-vous vos succès ? Vous êtes-vous appuyés sur une communauté préexistante ?

Nous avons été les premiers surpris par ces succès, d’autant plus que nous n’avions à l’époque aucun soutien, et ne faisions partie d’aucune communauté existante. Nous avons bien sûr essayé d’analyser cette réussite, et avons dégagé les points suivants :

  • La première raison de notre succès a d’abord été un soutien sans faille de nos proches, qui ont permis, grâce à leur achat, de rendre nos livres visibles sur Amazon.
  • Un prix attractif a sûrement bien aidé : 1.99 euros pour un livre d’une centaine de pages, et 2.99 euros, pour un roman d’environ 700 pages. A moins de les donner, difficile d’être plus compétitif !
  • Le résumé, ou quatrième de couverture a été lui pour une large part dans le succès de « Les Pierres Couchées », ainsi que peut être les premiers chapitres gratuits que les lecteurs peuvent télécharger.
  • L’écriture fluide et facile à lire a plu à de nombreux lecteurs.
  • La catégorie de nos livres : suspense et thriller est de celle qui se vend le mieux après les romans sentimentaux
  • L’effet d’auto-alimentation est important aussi : plus le livre est vendu, mieux les gens le voient et plus il est vendu.
  • Le fait d’avoir deux romans en ligne permet d’avoir plus de visibilité.
  • Et puis, bien sûr, nous en sommes conscients… une bonne part de chance.

Quelles sont les plus grosses erreurs que vous ayez commises ? Avez-vous pu mesurer leurs impacts négatifs ?

Voilà une question à laquelle il sera facile de répondre ! La plus grosse erreur que nous ayons commise en tant qu’autoédité débutant, c’est de ne pas avoir suffisamment relu nos livres. Nous n’avions absolument pas conscience que deux bonnes relectures étaient vraiment insuffisantes, et qu’il fallait relire, relire encore, et faire relire tout autant. L’impact ne s’est pas fait attendre : quelques commentaires désagréables à lire, et qui font mauvaise impression, une période de relectures intensives et de mises à jour très fréquentes des versions du livre pour diminuer en temps réels le nombre d’erreurs dans le livre, quelques nuits trop courtes, du stress et du découragement. Nous ne sommes pas les seuls à nous fourvoyer dans ce type d’erreur, beaucoup d’autres auto-édités ont des commentaires concernant une orthographe approximative.

Mais, pour être honnête, il n’y a pas non plus eu que des impacts négatifs. Cela nous a permis de créer des liens plus forts avec des lecteurs-correcteurs bénévoles, d’apprendre les règles de la typographie, de découvrir les performances de logiciels de correction dignes de ce nom, et surtout… d’éditer nos livres. Eh oui, si on nous avait dit au départ qu’il faudrait relire et faire relire les manuscrits jusqu’à dix fois, notre motivation initiale n’aurait peut-être pas été suffisante. Nous avons sauté dans le grand bain sans savoir nager, et par la force des choses, nous avons appris, et maintenant, nous en profitons.

Avec le temps, voyez-vous des choses que vous auriez pu/du faire pour réussir à un plus haut niveau encore ?

A vrai dire, nous avons déjà fait tellement de choses, que nous ne voyons pas très bien ce que nous aurions pu faire de plus :-) Nous avions tout à apprendre et nous étions à fond dans l’édition, nous mangions, parlions édition, si bien qu’à un moment, nos enfants ont mis le holà, en exigeant que nos sujets de conversation soient un peu plus variés.

Pour l’avenir par contre, nous saurons qu’il est important de proposer aussi une version papier de nos livres, surtout lorsque ceux-ci sont bien placés dans le top 100, car c’est là que les chances d’en vendre sont les plus importantes.

Pour vous, l’avenir de l’autoédition sera comment ? Comment vous y préparez-vous ?

Il est vraisemblable que l’auto-édition prenne son envol en même temps que le nombre de ventes de liseuses. Les lecteurs risquent d’être de plus en plus exigeants, il va donc falloir proposer des livres de plus en plus professionnels. Ce sera donc peut-être un plus difficile de percer avec peu de moyens à l’avenir, d’où l’importance de se faire connaître et d’établir des contacts dès maintenant et de participer à des collectifs d’auteurs.

Et bien sûr, il faut aussi continuer à écrire !

Voulez-vous ajouter quelque chose ?

Oui, oui, oui ! Si vous avez eu la patience d’arriver jusqu’ici dans votre lecture, je vais bien sûr en profiter pour vous faire subir un peu de promotion pour mes écrits. Pas chers, et vous permettant un agréable moment de détente :-) :

En toute humilité,

  • Si vous aimez Musso ou Lévy, alors, pour bien moins cher, vous aimerez sûrement « Multiplication »  http://www.amazon.fr/dp/B007DXP6FQ/
  • Si vous aimez Grangé ou Dan Brown, vous apprécierez ce roman fleuve au prix dérisoire : « Les Pierres Couchées » http://www.amazon.fr/dp/B007U905U4/
  • Si vous aimez Grangé et les séries comme « Engrenages », alors ne ratez pas « Au Cœur du Solstice », qui vient juste de paraître. www.amazon.fr/dp/B00BMW88FE
  • Et si vous êtes un peu radin, que vous n’avez pas les moyens, ou juste pour le plaisir, ma nouvelle « Décollage imminent », qui est encore d’un style un peu différent est téléchargeable gratuitement, alors, n’hésitez pas à en profiter. www.amazon.fr/dp/B00ATTCTZ6/

Et bien sûr, si ces livres vous ont plu, faites un commentaire sympa sur Amazon et dans le cas contraire, surtout ne vous forcez pas !

Voilà, j’ai terminé, mes réponses sont bien plus longues que ce que j’avais pensé initialement, j’espère que vous ne m’en tiendrez pas rigueur. Et encore un grand merci à Mohamed pour son accueil.

Un grand merci pour votre temps et l’aide que vous apportez aux auteurs sur le blog http://jacquesvandroux.blogspot.fr/

Couverture Comment Vendre Son Livre sans faire le tapinVous pouvez retrouver bien d’autres interviews d’auteurs (ainsi qu’un grand nombre de conseils quant à l’autoédition) dans mon sixième livre Comment Vendre Son Livre Sans Faire Le Tapin. Profitez-en, il est à 2.99€. Cliquez sur l’image.