Plus qu’une réponse à cette question, j’ai d’abord commencé par me demander si c’était vraiment important. Je ne parle pas du fait d’être optimiste, mais d’être un optimiste contagieux. Est-ce vraiment aussi essentiel que l’auteur veut bien nous le faire croire ?

Shawn ACHOR est un ancien de l’université de Harvard, un élève du célèbre Tal Ben Shahar. C’est là qu’il a commencé à étudier ce que nous rassemblons généralement sous le mot « bonheur ». Il a commencé par ses propres étudiants avant de s’apercevoir des années après que ce qu’il étudiait n’intéressait pas que les universitaires. Il a surtout fini par remarquer que les conclusions auxquelles il arrivait et les résultats positifs qui en découlaient intéressaient même les personnes les plus terre-à-terre.

Ce que M. Achor étudie, c’est la psychologie positive. Pour faire simple et rapide, c’est l’étude du mental en bonne santé plus que du mental malade. C’est apprendre de celles et ceux qui vont bien et sont heureux, comment ils font pour s’en sortir si bien et être si heureux. Pour l’anecdote, c’est un champ de recherche qui est né en 1998, avant cela, il n’existait que 17 études qui pouvaient être rassemblées sous la bannière « psychologie positive ».

Les 7 principes

Au fur et à mesure des années et des études, Shawn ACHOR a fini par isoler 7 principes qui selon lui sont à la base d’un mental sain… et optimiste, car c’est selon lui l’un des traits les plus importants en psychologie positive. Une femme saine, un homme sain a tendance à voir le verre plutôt plein… même quand ce dernier à tendance à être vide. Plus que cela, ils ont même tendance à « contaminer positivement » les gens autour d’eux.

L’atout bonheur

Être positif permet non seulement d’être en bonne santé, et de le faire savoir, mais c’est aussi un très bon moyen d’être épanoui professionnellement. Savoir reformater son cerveau dans l’optique de créer cet atout bonheur est une étape cruciale.

Le point d’appui et le levier

Notre état d’esprit, c’est notre point d’appui et notre pouvoir, c’est notre levier. Le but du jeu est d’apprendre à conjuguer les deux de manière adéquate afin de modifier notre façon de voir le monde et tirer parti de situations qui, au premier abord, ne sont pas à notre avantage.

L’effet Tetris

J’imagine que tout le monde connait le jeu vidéo de briques nait dans les années 80 et qui consistait à empiler des briques de formes diverses pour construire des lignes qui s’autodétruisaient. En tous les cas si vous ne connaissez pas, vous pouvez :

  1. Relire la première phrase
  2. Le télécharger sur votre téléphone, ordinateur, tablette, etc je suis certain que vous allez adorer.

Bref, l’effet Tetris est un effet qui existe déjà dans votre cerveau, mais vous pouvez maximiser son effet. La plupart d’entre nous avons tendance à nous focaliser sur le stress, la négativité et les échecs. Ici Shawn ACHOR vous apprend à détourner votre manière de fonctionner habituelle à votre avantage et ainsi focaliser sur les opportunités et les manières d’en profiter.

Le rebond

Je crois profondément que les gens qui ne voient pas les défaites et les crises pour ce qu’elles sont, mais plutôt comme des opportunités sont des gens qui intuitivement savent « demander » à leur cerveau de produire une réflexion utile.

Qu’est-ce qu’une réflexion utile ? C’est un mode de pensée qui est à l’opposé de la spirale infernale. Ici votre cerveau ne produit pas de l’apitoiement sur son propre sort, il produit des schémas pour s’en sortir, test leur validité et passe à un autre si le schéma est corrompu. (Désolé de parler comme le geek que je suis). C’est le principe du rebond.

Le cercle de Zorro

C’est ce que j’appelle en anglais « One Step at a Time ». Un pas à la fois. Le fait que parfois la tâche à accomplir est bien trop grande pour commencer. C’est paradoxal, mais je suis sûr qu’en réfléchissant quelques secondes vous trouverez des fois où, parce que l’objectif ultime était trop ambitieux, vous avez choisi de renoncer… avant même de commencer. Je le sais parce que je l’ai fait… des dizaines de fois !

Le principe ici est simple, un pas à la fois. Découper le projet ultime en petits objectifs journaliers, facilement atteignables. Une fois qu’une certaine confiance s’est installée, vous pouvez commencer à élargir vos compétences et vous faire des objectifs plus ambitieux.

La règle des 20 secondes

Nous savons tous à quel point certaines habitudes sont difficiles à changer. Pire que ça, il semble parfois impossible de prendre de nouvelles « bonnes » habitudes.

La règle des 20 secondes est justement là pour vous apprendre à faire cela, emprunter des chemins qui, à priori, paraissent plus difficiles, mais qui une fois quelques ajustements faits, deviennent plus faciles que vos vieilles habitudes.

L’investissement social

C’est une tendance que nous avons tous. Plus nos projets nous accaparent l’esprit, plus nous nous coupons de nos réseaux physiques d’amis et de familles. J’insiste sur le mot physique, Facebook et Twitter ne font donc clairement pas partie du jeu.

Pour l’auteur, c’est un grand tort, car c’est justement lorsque nos projets deviennent de plus en plus prépondérants que nous devons apprendre à déconnecter, à sortir et à voir les femmes et les hommes qui font nos joies quotidiennes.

Personnellement, ce principe prend la forme d’une question que je me pose souvent : quel est l’intérêt d’arriver en haut de la montagne… si c’est pour y arriver seul. Étant un insatisfait perpétuel qui à tendance à être accaparé par ses projets, je trouve cette question… apaisante :-)

Mon avis

Comment Devenir un Optimiste Contagieux de Shawn ACHOR est un pavé de 330 pages dont j’avais peur… et j’avais en partie raison. L’auteur est un universitaire qui aime prendre son temps, tourner autour du pot, sentir le pot, faire les yeux doux au pot, avant de cueillir la fleur dans le pot. En clair, certains passages sont inutilement longs.

Ma deuxième critique ne concerne pas ce livre uniquement, elle est plus une critique dirigée à l’encontre des auteurs de développement personnel et/ou de psychologie positive… occidentaux.

En un mot, la théorie de l’auteur peut se résumer ainsi : modifiez votre cerveau et vous verrez les choses autrement… positivement. Le fait est qu’en Orient, on vous apprend que le changement n’est pas tant une affaire de cerveau, plutôt qu’une histoire de coeur.

J’ai personnellement tendance à penser que notre civilisation qui consacre tant de ressources à l’étude du cerveau uniquement perd d’énormes possibilités d’évolution du fait d’être obnubilée par ce même cerveau.

Je lis un livre du Dalaï-Lama en parallèle de celui de M. ACHOR. Le Pape Tibétain dit que le but de tout être humain est d’être heureux et pourtant il n’insiste jamais sur la modification du cerveau. Il insiste sur le développement du cœur par l’intermédiaire de la compassion. Selon sa croyance, la chimie du cerveau se trouvera automatiquement changée du fait du développement d’une compassion authentique envers tous les êtres.

Pour finir, est-ce que ces points diminuent l’intérêt du livre de Shawn ACHOR ?

Non, le livre est très intéressant et à condition de ne pas être trop regardant sur la longueur de certains passages, je suis certain que vous passerez un bon moment et que vous apprendrez de nombreuses vérités que le sens commun connait depuis des siècles, mais qu’aujourd’hui la science à prouvé de manière méthodologique.